Ahrefs : la note qui baisse sans qu'un lien soit perdu

Ahrefs est un index de liens. Un robot parcourt le web en continu, garde trace des pages qui en citent d'autres, et en tire deux notes : une par domaine, une par page. Le reste de la suite, les mots-clés, l'audit technique, le suivi de position, s'appuie sur cet index.

Sur un même site client, la note d'autorité d'Ahrefs affichait 9 sur 100 et celle de Moz 22 sur 100. Aucune des deux ne se trompe. Elles ne comptent pas la même chose.

1. Le problème que ça règle chez moi

Un client me demande pourquoi son concurrent passe devant sur une requête où les deux pages disent à peu près la même chose. La différence est rarement dans le texte. Elle est dans les sites qui citent l'un et pas l'autre.

Ce que le moteur a montré de mon client se lit ailleurs, et j'ai écrit les angles morts de cette source-là dans ce que je demande à Search Console. Aucune source venue du moteur ne dit en revanche qui cite le concurrent. C'est le seul motif pour lequel j'ouvre un index de liens.

2. Deux outils, deux réponses, sur le même site

Le premier relevé d'un dossier de netlinking, l'obtention de liens entrants, donne toujours la même chose. Sur un site client, j'ai relevé au même moment la note d'autorité d'Ahrefs à 9 sur 100 et celle de Moz à 22 sur 100. Sur le nombre de domaines distincts pointant vers ce site, un fournisseur en comptait 71 et un autre 1 305, soit dix-huit fois plus.

Rien de tout cela n'est une erreur. Chaque éditeur parcourt son propre échantillon du web et applique sa propre définition d'un domaine référent. Ce qui se compare, c'est un chiffre à lui-même : le même indicateur, dans le même outil, d'un mois sur l'autre. Une note lue chez deux éditeurs le même jour ne dit rien.

Et l'indicateur que je suis n'est pas le nombre de liens. C'est le nombre de domaines distincts. Un lien de pied de page répliqué sur 4 000 pages d'un même site produit 4 000 liens et un seul domaine référent. Le premier chiffre remplit un rapport, le second décrit le travail qui reste à faire.

3. Ce que je ne lui demande pas

Une prévision de classement. La note d'autorité est un rang relatif sur une échelle fermée à 100, pas une mesure. La documentation Ahrefs de la note d'autorité de domaine le pose dans ces termes : quand un site déjà au maximum gagne des liens, on ne peut pas le faire passer à 101, alors ce sont les autres qui descendent l'échelle. Un client perd donc un point sans avoir perdu un lien. C'est une conversation qui se tient mieux avant qu'après.

La note haute pour elle-même. Le même document décrit le calcul : un domaine partage sa note à parts égales entre tous ceux qu'il lie. Un site noté 26 qui pointe vers cinq domaines pèse davantage sur la note qu'un site noté 73 qui pointe vers 5 000 domaines. C'est ce qui condamne l'achat de liens sur les annuaires à note flatteuse : la note est bien là, elle est divisée par le nombre de sortants.

La preuve qu'un lien a été retiré. Ahrefs répertorie huit motifs de perte dans sa documentation des liens perdus. Un seul veut dire que la page vit toujours et ne cite plus. Les sept autres décrivent l'état de la page au dernier passage du robot : introuvable, redirigée, passée en noindex, canonique changée, code de réponse autre que 200, redirection cassée, ou page sortie de l'index pour un motif de qualité. L'éditeur précise que le lien réapparaît au passage suivant si la page répond.

Un rapport de liens perdus non filtré est donc un relevé d'incidents de parcours, pas une liste de partenaires qui vous ont lâché. Je trie sur le motif avant de relancer qui que ce soit, et le seul motif qui mérite un message au propriétaire du site est le dernier.

4. Ce que je branche autour

Trois sources, trois rôles. DataForSEO sort la masse des domaines référents, parce que sa facturation à l'appel supporte un tirage large. Semrush sert au recoupement sur un concurrent précis, et son solde d'unités interdit d'y faire la masse. Ahrefs donne la note et le motif de perte.

Le reste ne se joue plus dans un outil. Un lien s'obtient avec quelque chose à offrir, et j'ai écrit ce que ça veut dire sur un budget de PME dans les petits liens éditoriaux, puis du côté des moteurs de réponse dans ce qui décide d'une citation. Sur une mission SEO, ces liens se décident en même temps que le plan de contenu, jamais après.

5. Ce que ça coûte à mon échelle

Le coût d'un index de liens ne se lit pas sur la facture, il se lit sur ce que le plan laisse passer par programme. Sur le mien, la note d'autorité remonte par l'interface de programmation ; le détail du profil de liens, non. Il se relève à la main.

La conséquence n'est pas un manque de données, c'est un manque de fréquence. Ce qui redevient un geste manuel devient un geste qu'on fait par trimestre plutôt que par mois. Sur un dossier de liens, où l'intérêt est de voir arriver une perte avant que le client la voie, la fréquence vaut plus que la profondeur.

Ma parade : la note d'autorité en relevé automatique, le tirage des domaines référents chez le fournisseur facturé à l'appel. La note sert de signal, et je ne paie le détail que sur les domaines qui bougent.

L'étalon fait la mesure

Deux outils qui annoncent 9 et 22 sur le même site ne se contredisent pas. Ils pèsent avec des balances différentes, et aucune des deux n'est celle de Google. Ce qui se suit dans le temps, c'est un chiffre, dans un outil, sur une série de mois. Ce qui se décide, ce sont les liens qu'on est allé chercher.

Vous ne savez pas d'où viennent vos liens ?

Je relève les domaines qui vous citent, je sépare ce qui porte du poids de ce qui n'en porte pas, et je vous dis où aller chercher les suivants. C'est le socle de mes missions SEO et de mes plans de contenu.

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